pyerrot-asia.blogspot.com
Voyage culturel à vélo en solitaire
jeudi 31 mars 2011
interview Radio France, et Tableau d'Honneur
En ligne, site de radiofrance.com.(Lorraine) Lien:
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(2812Ko)
mercredi 9 mars 2011
Carnet 7 - Mon coeur battambang
Le soleil cogne. J’ai repris du poil de la bête depuis Phnom Penh et le voyage se poursuit sous la



2000 kilomètres
Ce Hanoï/Battambang reste une première expérience alliant voyage, rencontres artistiques et spectacles.

Siem Reap. Joyeuses retrouvailles

Hébergé cette fois par l’ami cycliste Pierre et son épouse « Touill’ », je suis installé confortablement dans le manoir du maître des lieux : la maison des douceurs. Si Angkor Wat est un symbole fort du pays, qui lui assure les 70 % de touristes et du folklore qui s’en suit, Pierre est à lui seul un monument de bonhomie et de savoir-vivre. Dès mon arrivée, l’Ami Pierre m’a reçu comme un prince.
Pour la « Mariée », une chambre située dans un jardinet aménagé ; et Tigre Vert a eu droit à un garage à partager avec d’autres cyclo-collègues. Afin de marquer ces retrouvailles, autant de mots ont coulé que de verres de bière ont été avalés : parler du flux de la vie assèche la gorge ! Le lendemain, ensemble, nous avons repris les chemins secrets pour rejoindre les temples en évitant le Chek Point et les bus qui – vous pouvez l’imaginer – roulent sans discontinuité sur la route principale.

Je ferai ce chemin seul le lendemain.


L'Apsara et le Tigre Vert
(Extrait texte chanson pour Train Des Gens)
Tu joues pour le chic
De la grande époque
Le grand show épique
L’authentique en toque

Décors carton-pâte
Ruines d’Angkor Wat
Reine Apsara, tu danses .
Ces quelques jours seront également marqués par la restauration. Si la Cuisine Française est entrée au patrimoine de l’UNESCO, je savoure la Cuisine Khmère dans les tavernes familiales et je n’ai aucun scrupule à me laisser appâter par un simple camembert fondant sur un lit de beurre et d’un pain blanc. Un verre de vin. Quelle hospitalité, mon Pierre au grand coeur. La promesse a été tenue une année après.

Photo à gauche: Et vive le scooter cambodgien!
Letter for Srey Hom
Je t'ai retrouvée Srey Hom CCHOM, toi, la jolie demoiselle « Fleur » de l’an passé, qui m’avait extirpé de la nuit tandis que je rentrais d’une excursion à vélo d’Angkor. Nous avon






J’arrive enfin à Battambang. Grâce à un panneau signalétique, je trouverai immédiatement la voie qui mène à l’école de cirque, le Phare Ponleu Selpak.
Et ce sera un second coup de cœur pour cet endroit artistique et à vocation éducative et sociale. Phare, Puthro, Peintures, Parrainage… J’ignorais alors combien j’allais en dix jours devenir amoureux de ce lieu créatif et vivant. Je m’y sentais dans mon élément, entre les répétitions des artistes circassiens, les répétitions organisées par le Théâtre du Soleil dans le cadre d’une mise en scène sur la vie du Prince Sihanouk, les présentations des spectacles de chacune des promos de cirque. Au sein de l'école constituée de plusieurs grands bâtiments, ça sourit de partout, ça se salue.
Assis sur une natte à l'ombre d'un arbre majestueux, le professeur de musique enseigne à quelques élèves l'art du "Khom", appellé aussi butterfly harp ou harpe papillon dont il rappelle la forme. Je les rejoins discrètement et j'écoute. Les sons se mêlent aux chants des oiseaux, au bruit de lointains travaux de réféction, aux cris des enfants en récréation... Il est à peine huit heure. La fraîcheur matinale rend cet instant savoureux, inoubliable. Un rendez-vous avec la poèsie du lieu.
Khom: Cet instrument comporte une caisse de résonance en bois de jacquier ou de teak, mesurant 70 cm x 25 cm x 5 cm. Il a deux séries de quinze chevalets inamovibles comportant des chœurs de trois cordes métalliques, soit 90 en tout. Le khom n'a que deux séries de sept chevalets. Les marteaux sont aussi en bambou, longs et flexibles, avec un côté recouvert de caoutchouc. On en joue assis par terre, l'instrument reposant sur un petit socle. On le joue en solo ou en ensemble.
Les enfants scolarisés portent l'uniforme : chemise blanche et pantalon ou jupe bleu marine de rigueur. D’emblée, je sais que mon séjour va se prolonger jusqu’au départ final. Il y a tellement de choses intéressantes à faire ici.
Intervention artistique à PHARE Rapide présentation de PHARE : cette structure a été créée par huit jeunes cambodgiens revenus au pays et décident par le biais de la peinture d’abord puis des arts en général, de favoriser l’éducation et la scolarisation des enfants. Une réussite culturelle.
Mon rôle consistera à former un groupe de jeunes élèves circassiens à l’art théâtral. Au jeu d’acteur. Exercices, jeux, un travail sur la trame du conte original : Lucie Verpeuton, qui deviendra « Punlu Dung Chet ».
Photo à gauche: une pause Soja-maison au Phare avec Kuch. A droite: Bilan du Professeur Kuch avec les élèves
Je me suis retrouvé face à un groupe de 18 apprenti-comédiens et 5 musiciens, âgés de 10 (3) à 18 ans. Majoritairement des adolescents. J’appréhende vu les délais… Le soutien de leur professeur, Kuch, va jouer pour beaucoup : c’est un groupe qu’il connaît et sait mener. Son apport quant à mes directives sera déterminant : je lui donne mes consignes en anglais (un anglais imparfait par rapport à ce que je souhaitais exprimer, un manque
de vocabulaires – parfois, on regrette l’école !) et la traduction en khmer se fait dans la foulée. De ce fait, j’apprends à petite dose les mots usuels et j’écris mes consignes en anglais. Dans ce joyeux mélange linguistique, les séances se poursuivent, révélatrices de personnalités talentueuses. Attachantes et souriantes.
Photo ci-dessus à gauche: les deux talentueux interprètes pour Lucie "Punlu Dung Chet" et Farfadas, avant une répétition. A droite, la souriante Danatte en train de porter son instrument de musique.
Dans cette école artistique, les jeunes comédiens et comédiennes
pour la plupart inexpérimentés en matière de comédie, jouent dans le plaisir sans torture d’esprit et parviennent au résultat escompté. L’énergie en prime jusque des 22h ! Je les félicité à chaque fin de séance d’un « Angkun » les mains jointes, ils font de même. 12 heures de répétitions vont suffire à monter un mini-spectacle de 25 minutes. Un conte théâtral et musical. Une ébauche.
Photo à gauche: 2 musiciens, frère et soeur: Pitou et Pitaï. Une oreille efficace et une concentration, en plus de leur bonne humeur. A doite, prestation musicale sous l'arbre des "Génies Verpeuton". Ci-dessous: Kuch entre deux séances de répétition
Pour des raisons de créneau sous le chapiteau de l’école, leur présentation aura lieu le 18 mars et leur spectacle en public le 21. Ces deux jours, je serai de tout coeur avec eux.
Si vous souhaitez connaître le PHARE dont les actions scolaires et sociales passent par le biais de l’art, je vous invite à consulter leur site officiel. Tout soutien est le bienvenu.
http:/phareps.org
@ : inquieres@phareps.org
Merci à toute l'équipe pour son accueil, à Xavier pour sa confiance et Vannara et son précieux coup d'oeil pour mon solo visuel. Bonjour à Sarro, maître danseur et félicitation pour son superbe spectacle de Danse et Cirque.
Oh ! Battambang
Huit jours vont passer très vite. Entre les répétitions et mon solo visuel et musical, je prends la route pour visiter les alentours. Des temples fabuleux de l’ancien temps partageant leurs ruines avec des pagodes plus récentes aux toits scintillants et aux murs couverts des fresques de l’histoire de Bouddha. Je filme. Je me repère dans Battambang, une ville que j’affectionne pour sa simplicité et sa sincérité khmère. Dans cette ville à l'Est, peu d’Expats installés car peu de profits à faire. Son marché « the old market » et ses étoffes aux couleurs chatoyantes, ses ateliers de couture où les robes se font sur mesure. Des filles souriantes dans des parures de contes de fée… Un coup de cœur supplémentaire pour cette ville entière,
loin des fastes, des fresques et des frasques de la ville de Siem Reap.
A dada sur Tigre Vert, je parcours les rues colorées et je découvre la spécificité de chaque quartier : un souci de chambre à air, je me rends près de la statue de Vishnou où s’alignent les vendeurs d’accessoires pour vélo, scooters.
Il vous faut de la peinture en bombe ? Il faut aller non loin de la station de bus… Un éléphant avec un prince et une princesse? Pas de problème: pagode derrière lme marché. Et c’est ainsi pour tout.
Intermède en chanson:
"Et vive le scooter cambodgien"
(Chanson pour le Train Des Gens)
Deux cochons allongés sur le dos
Font la sieste et bravent mon vélo.
En plus ils ne mettent pas de casques
Quant au ravisseur, il porte un masque.
Ils me doublent,
Ça me trouble
A moto, deux cochons, ce n’est rien
Et vive le scooter cambodgien !

Vingt poulets me narguent dans la rue
Crête en bas, ces crétins suspendus
Par les pattes, à défaut de cervelle,
Se prennent tous pour des pipistrels
Ils me serrent,
J’ai la chair…
De poule.
Sur deux roues, on se débrouille bien
Et vive le scooter vietnamien !
Le papa, la mère et la famille
Les étudiants, et les jolies filles
On se serre, on se colle, on se cale
L’équilibre à trente, c’est vital !
Ils me frôlent,
C’n’est pas drôle.
Sur trois roues, on sent fort les secousses
Et vive le touk-touk au Laousse ! Laos !
J’emmène pour le prochain voyage
Ficelés sur le porte-bagages
Le piano droit et la contrebasse
La guitare et les deux maracas
Sur le guidon, quelques projecteurs
Au fond du panier, le régisseur
La sono, calée dans la sacoche,
Tout sur le cadre et rien dans les poches !
Sur deux roues, on se débrouille en bande
Et vive le vélo en Thaïlande !
Une table, un arbuste, une armoire
Font la course au milieu du trottoir
Que le feu soit rouge, orange ou vert :
Pas de freins et ça passe à travers !
Moi je sonne,
On m’tamponne !
Sous deux roues, on avance pas tell’ment
Et tant pis pour le vélo birman.
Deux cochons qui tournent sur la broche
(Bien fait)
Des poulets sans plumes c’est très moche
(C’est vrai)
Moi je sors vivant de l’hôpital
Plus de jambes, finies les pédales.
J’les dépasse
Et je trace.
Quatre roues, je me muscle l’échine
Et vive le fauteuil d’Indochine !
Juste 30 kilomètres et une grimpette de 15%.


Un silence dans la grotte où s’endort un Bouddha d’or. Je profite de la fraîcheur souterraine lorsque le gardien du lieu allume la lumière d’un ossuaire rempli de crânes humains, trophées de Polpot et martyrs du peuple cambodgien. Cela me fait froid dans le dos. Jusque dans ce lieu idyllique de recueillement, la politique Khmer Rouge est venue accomplir son œuvre de sang.

C’est la fin "géographique" d'un séjour. D’un périple. A vrai dire, j'ai un peu de mal tant la vie cambodgienne m'apporte de valeurs et d'émotions : les sourires, les saluts mains jointes, le Khmer et ses temples dans lesquels parfois je m'installe en tailleur, pieds nus, auprès de la gardienne, guide de conversation franco-khmer posé au sol et crayon en main ; je lis à voix haute, elle m'écoute, j'ai le plaisir d'entendre les prononciations de la langue, elle me reprend, me corrige l'accent...


Cambodia ?


Rentrée le 10 mars en Lorraine. J’aurai ainsi réalisé mon voyage l’esprit libre ! Ce sera le mot de la fin.




Photo: je gagne l'aéroport à velo, depuis Bangkok centre. 40km entre 23h et 1h30 du matin.
Merci à Sylvie et Stéphane qui ont fait voyager Gaston le chat, à Julia la New Yorkeuse qui s'est occupée de la Compagnie Lavifil.
Car…
écrit le 15 février – Phnom Penh
Loin des certitudes
Je ne tiens pas en place
Voyage et solitude
Peu à peu je m’efface
Entre deux latitudes
Je joue à « file » ou « passe »
J’ai fui les habitudes
Refermé les Atlas.
Car…
Passé le naufrage
Je m’offre le meilleur
Les horizons, les plages
Plaisir des yeux, d’ailleurs.
J’ai quitté les images
De ma chambre sans heures
J’ai pris dans mes bagages
Ma raison et mon cœur
Car…
Je suis funambule
Entre ciel et néant
Ni meubles ni pendule
Mon chez moi, c’est de vent.
Rien n’est plus ridicule
Rien n’est plus affligeant
Que de vivre en recul
Et de meubler son temps.
Rien n’est plus ridicule
Rien n’est plus affligeant
Que de vivre en recul
Et de meubler son temps.
